|
|
Je suis arrivée à Sierre il y a trois ans. Pour moi, la première carte de visite de la ville était la gare (j’ai atterri dans la ville comme nomade…). La gare de Sierre forme comme une premier centre, même si tout est orienté vers la distribution des flux des passagers : bus, taxi, parkings, postes de voitures mobility. En plus, il y a une poste, des banques, des magasins, le Buffet de la gare, des cabinets de médecins et des avocats, des librairies et un kiosque.
Pendant la journée, la ville autour de la gare est très active. Si on rentre plus tard que 22 heures, Sierre semble avoir fermé toutes ses portes : l’Avenue Général-Guisan est déserte, les bistrots fermés. Le vent souffle des papiers et des feuilles d’arbres. Il faut monter dans les rues et dénicher les cafés des quartiers pour trouver encore de la vie.
En tout cas, c’est intéressant que le centre de Sierre soit marqué par de grands ronds-points, des rues à sens unique ou des carrefours de circulation comme portes d’entrée. On sait bien que les ronds-points développent des forces centrifuges : ce sont des non-lieux autour desquels on tourne, qui distribuent les flux au plus vite.
A l’exception de l’Avenue Général Guisan et du quartier de Bourg, c’est difficile de flâner comme piéton à Sierre. Entre les différents quartiers de Sierre on se retrouve presque dans un no man’s land. Mais actuellement, dans la foulée d’une recherche que nous menons à l’Ecole cantonale d’art du Valais sur les espaces urbains à Sierre, je découvre le périmètre entre la place de Beaulieu et l’hôtel Atlantic, la Route de Sion. C’est une rue importante qui relie les quartiers extérieurs au centre. On y trouve un mix de garages, des distributeurs, de petit cafés et – mon magasin préféré : la quincaillerie de l’Ouest.
Ce magasin me fait rêver! « L’Ouest », c’est la mer, c’est l’Atlantique, l’Amérique. Quand je me retrouve devant sa marchandise installée sur le trottoir – des corbeilles, des outils de jardin, des brouettes, des grands pots pour faire le risotto –, je sens un mélange urbain dense, coloré et vif qu’on ne trouve pas dans les autres rues du centre, dans les grandes avenues arborisées.
Ce mélange, c’est le rêve d’être à la fois villageois et connecté au monde.
Sibylle Omlin